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Les 6 sons thérapeuthiques

1er lotus aout 2015-012Liu Zi Jue,   « les 6 expressions subtiles »

 

Ce que l’on traduit souvent en français par « 6 sons thérapeutiques » peut également se traduire par «  les 6 expressions subtiles », dans un mot à mot qui nous rapproche d’avantage des images générées par les idéogrammes.
Cette série particulière de Qi Gong s’appuie sur l’émission de sons en rapport avec les 5 modalités.
La vie est vibrations et nous faisons partie intégrante de cette vie. Nous sommes donc nous même vibrations. Il semble que lorsqu’un son, c’est-à-dire une vibration, est émis et qu’il est accordé à la vibration originelle d’une de nos fonction organique, cela permet à l’organe de se recaler sur sa vibration propre. Ce son peut être émis de l’intérieur ou de l’extérieur.
Dans la série des 6 expressions subtiles nous émettons nous même les sons, un pour chaque organe. L’effet thérapeutique est puissant et souvent immédiat, comme si cette vibration émise réveillait une mémoire à l’intérieur du corps permettant à l’organe de retrouver sa musique personnelle.

le jeu des 5 animaux

qi gong l'école du qi singe“Wu Qing Xi”

Qi Gong de santé, très populaire en Chine, basé sur l’imitation d’animaux : le tigre, l’ours, le cerf, le singe et la grue.

Le jeu des 5 animaux est une technique de longévité qui imite les mouvements de cinq animaux sauvages.
Il préconise l’utilisation de la pensée pour augmenter l’effet des exercices et améliorer la circulation du Qi. Il régule le corps, la respiration et l’esprit.

C’est un des Qi Gong les plus anciens. Il fut composé par un médecin Hua Tuo, il y a environ 1800 ans, sous la dynastie des Hans postérieurs ( 25 ap JC – 220 ap JC).

Hua Tuo (142-219) fut un médecin de renom, dont la célébrité s’est prolongée jusqu’à aujourd’hui. Chirurgien, gynécologue, pédiatre, il utilisait tout autant l’acupuncture que la pharmacopée ou les moxas.  Il passe pour être le créateur du premier anesthésique. Hélas ! Il n’a laissé aucun écrit.

Nous disposons cependant de quelques descriptions de la pratique « du jeu des 5 animaux» de Hua Tuo. Ces textes, dont les plus anciens sont presque contemporains de Hua Tuo, décrivent
“le jeu des 5 animaux” comme une pratique de santé et nous donne une biographie de Hua Tuo, mais sans illustrations.
Jusqu’à récemment les plus anciens dessins du jeu des 5 animaux dont nous disposions dataient de la Dynastie des Ming (1368 – 1644). Ils sont reproduits dans un livre : « la moelle du phénix rouge » et représentent d’anciens immortels pratiquant cette série pour mieux vivre.
Mais en 1973, des dessins représentant la pratique du jeu des 5 animaux ont été trouvés dans la tombe de Ma Wang Dui, à Chang Sha, dans la province du Hunan. Cette tombe date de 190 à 168 avant JC. Ces dessins sont donc antérieurs à Hua Tuo.

Hua Tuo a en effet composé cette série, comme sont composées toutes les séries de Qi gong, en s’inspirant de documents et de pratiques déjà existantes :

  • L’art du Tu Na, la respiration
  • Le Dao Yin, art du mouvement
  • Les pratiques taoïstes déjà anciennes. Zhuang Zi, maître taoïste bien antérieur à Hua Tuo (IVème avant JC) parle déjà de la pratique des animaux en lien avec la respiration pour conserver ou améliorer sa santé.
  • Hua Tuo a également observé les animaux sauvages avec beaucoup de précision. Il était arrivé à la conclusion que les animaux pratiquent parfois certains exercices pour renforcer leur constitution ou réguler certains désordres internes.
  • Sans doute s’est-il également inspiré de la méthode de combat des 5 animaux (Wu Qin Quan) ou de danses rituelles chamaniques.
  • Enfin, il y a associé sa connaissance précise de la médecine traditionnelle chinoise, en particulier la théorie des fonctions des organes internes, des méridiens et de la circulation du Qi, des liquides et du sang.

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Depuis sa création, le jeu des 5 animaux a donné naissance à de nombreux styles allant de formes externes très dynamiques, gymniques, voire martiales, à des formes internes qui s’appuient principalement sur le Souffle, l’Energie. Les formes qui insistent sur la santé appartiennent à la lignée des Qi Gong Yang Sheng : nourrir la vie.
Elles permettent à la fois la régulation de la forme corporelle, de la respiration, de la pensée émotionnelle, mais aussi du Souffle-énergie, le Qi
et du Yi, l’Intention.

Selon Hua Tuo, la pratique du jeu des 5 animaux est une pratique très complète.

  • Elle améliore la santé du corps et de l’esprit,
  • prévient et traite les maladies,
  • améliore également les maladies chroniques et traite le fond de la personne,
  • augmente la longévité, la confiance en soi et la vitalité de l’esprit,
  • renforce la constitution et la force physique,
  • renforce les articulations, les muscles, les tendons et les os,
  • assouplit les ligaments et les muscles,
  • amène la vigueur dans les membres,
  • améliore les fonctions des organes, la digestion, les inflammations de l’estomac et du foie,
  • améliore le système respiratoire.
  • Elle agit également et principalement sur l’hypertension et la fonction cardio-vasculaire,
  • augmente la quantité de Qi, de sang et de liquides en circulation,
  • améliore la circulation du Qi, des liquides et du sang, en particulier aux extrémités,
  • renforce et mobilise l’énergie le long des canaux principaux et collatéraux,
    dissout les stagnations,
  • traite la faiblesse nerveuse, améliore l’attitude mentale et augmente les perceptions.

le Yang Sheng Ba Shi par Evelyne Castellino, chorégraphe

Ci-dessous un texte de commentaire d’Evelyne Castellino sur la pratique du Yang Sheng Ba Shi  en réponse à une question de Dominique Banizette sur les intérêts de ce Qi Gong pour un public de danseurs et de sportifs. Evelyne Castellino est evelyne castellino compagnie acryliquechorégraphe et metteur en scène à Genève et fait pratiquer régulièrement cette série à ses comédiens et danseurs.

 

« Alors comment expliquer cela.
Le public de comédiens (c’est celui avec qui je travaille le plus) a besoin d’un entraînement régulier, mais c’est un public qui a tendance à se dire, sautons l’échauffement ou l’entraînement car il vaut mieux avoir plus de temps pour la répétition.
Lorsqu’on donne l’habitude (disons peut-être lorsqu’on impose un  entraînement) la plupart des comédiens s’en trouvent mieux. Mieux dans leur corps et aussi mieux dans la concentration.
Ils aiment le Yang Sheng Ba Shi, car c’est une série assez physique, donc ils ont l’impression de s’assouplir, d’entretenir leur corps, mais après quelques semaines, le besoin de commencer l’entraînement par le Qi Gong se fait sentir. Parfois on commence et certains parlent et racontent un truc. Je laisse faire, car je sais que petit à petit le silence va arriver, le calme et la concentration.
Cette série travaille autant sur le haut du corps que sur le bas. Elle donne de la force dans les jambes. Et puis il y a les derniers mouvements (Gemou et le nuage) Et ces deux derniers mouvements les centrent et les apaisent.
Le comédien est un être souvent angoissé et la paix qu’ils ressentent à la fin de la série est je pense une des raisons pour laquelle le Yang Sheng Ba Shi leur plaît. Plusieurs me disent qu’ils continuent à pratiquer, une fois qu’on s’est quitté, et que ça les remplit d’énergie.
Je joins au Qi Gong un entraînement Pilates qui leur renforce la musculature interne et étire la musculature externe.
Donc souvent ils maigrissent, le comédien est un être qui a besoin de plaire et de se plaire, donc….
Et puis le Yang Sheng Ba Shi a 8 mouvements, donc c’est aussi plus simple à apprendre pendant le laps de temps des répétitions (6 semaines, cela permet l’apprentissage et l’approfondissement.

Donc ceci pour les comédiens qui n’ont pas un entraînement régulier physique.

Pour les danseurs et les sportifs, c’est une autre histoire, car eux s’entraînent régulièrement, donc je pense qu’ils aiment le Yang Sheng Ba Shi car ce sont des mouvements dont ils n’ont pas l’habitude. Dans un premier temps, ils sont curieux de voir ce que cela va leur faire.
Puis, ils sont étonnés que des mouvements doux et assez simples agissent, cela efface des tensions que les danseurs et les sportifs ont presque tous sans exception.
Dans un troisième temps, comme pour les comédiens, la série les apaise, et leur faire prendre de la distance avec la performance qu’ils doivent accomplir. Cela peut même les aider à aborder « autrement » leur art ou leur sport, à mettre leur attention ailleurs, là où c’était des parties du corps oubliées.
Et cela reste physique, cela demande aussi un effort et le danseur comme le sportif est un dingue de l’effort. »

Evelyne Castellino le 2 mars 2014

Vous pouvez aussi lire l’article de Dominique Banizette sur « la genèse du Yang Sheng Ba Shi »

le Xi Sui Jing

qi gong le xui sui jingLe Xi Sui Jing et le nourrissement des moelles :

Le Xi Sui Jing a été créé par Boddidarma, moine indien venu en Chine au 5ème siècle après JC. Il s’est installé au monastère de Shaolin dans les monts Song Shan. Cette pratique utilise la visualisation sur la lumière. Elle permet d’éliminer les maladies en renforçant le système immunitaire. Elle améliore le fonctionnement hormonal, renforce la circulation de l’énergie dans les méridiens principaux et extraordinaires. Elle tonifie l’énergie des reins et renforce Jing, fortifie les os, purifie et nettoie les moelles. Elle permet également d’éliminer les 7 émotions conflictuelles, de nourrir l’esprit et d’affiner la qualité spirituelle par le Yang du Ciel grâce à la conscience : Shen

Ce Qi Gong se pratique en présence de Shen Gong, le travail de l’esprit. Visualiser et ressentir, visualiser sans attachement, être dans l’attention ouverte, ressentir sans s’impliquer. On absorbe la lumière et on accumule le Qi, puis on laisse cette lumière remplir les moelles. Le travail sur les moelles fait partie du travail d’alchimie interne des taoïstes. Les os deviennent forts, le corps s’allège, l’énergie vitale devient pure, fraîche et claire, les toxines sont éliminées, la circulation de l’énergie et du sang est améliorée. Shen s’éclaire.

Le désert m’a bluffée.

J’y suis allée. Non pas parce que c’est à la mode, mais parce que l’on me l’a proposé. Alors j’ai dit oui. Je trouvais dommage de refuser.

Je n’en attendais rien.

Si ce n’est de passer un bon moment avec mes élèves, de faire un bon séminaire. Après tout, ce devait être agréable d’y faire du Qi Gong.

 

Je savais, ou plutôt, je croyais savoir, que dans le désert, il n’y a rien : le ciel, le sable, les dunes.

J’avais tort de savoir.

 

En réalité, dans le désert, il y a bien plus que le sable, il y a bien plus que le ciel, il y a tout. Tout est là, contenu dans cette absence, qui est en réalité une présence. Tout est là, en dehors et en dedans de vous.

Vous êtes simplement posé sur vos deux pieds. Autour de vous ….. presque rien : le ciel, le sable, les dunes. Presque rien, mais ….. l’immensité de la vie.

Et cette présence immense fait que notre être n’arrive plus à rester contenu dans les limites de sa peau. Dans ce « petit Moi » posé là, au milieu de cet immense rien. Alors lui aussi il grandit, il s’expanse, il prend sa dimension réelle, il devient tout.

 

Après ….. les bras s’ouvrent, c’est ce que le corps a de plus grand. La tête se renverse comme pour témoigner au ciel et un rire sort, un rire immense, gigantesque, un rire sans limites qui se répand dans un espace sans limites et qui seul peut exprimer ce bonheur-là.

C’est un bonheur inouï, tellement fort, tellement grand et à la fois tellement serein de ressentir cette dimension de la vie.

L’être humain n’est pas ce qu’il croit être, il n’est pas contenu à l’intérieur de sa petite peau. Son espace ne mesure pas quelques centimètres cubes.

L’être humain est vaste comme l’univers, il contient tout. Et à cette échelle-là, « le petit Moi » se réduit jusqu’à se dissoudre dans l’infinitude.

 

Alors il ne reste plus qu’une immense sensation d’ouverture que l’on peut nommer Amour, mais parce que l’on a pas d’autres mots.

Seulement, cet amour là ne vient pas du cœur, il ne vient pas du corps, il est partout, dans chaque atome du soleil, dans chaque grain de sable du désert, dans chaque molécule de l’air, dans chaque cellule de notre corps, dans chaque élément de l’espace infini qui nous compose et qui compose la vie. Il est le vide qui les relie et qui les fait danser. Il est la Vie elle-même.

 

Je ne riais plus. Je sentais des larmes couler sur mes joues. C’était des larmes de bonheur et de gratitude.

Devant moi, le soleil disparaissait derrière une dune. J’étais le soleil, j’étais la dune, j’étais le désert ….. et j’étais là, assise sur le sable, remplie de reconnaissance pour cette Vie qui à chaque instant se répand partout et nous nourrit sans que nous n’en sachions jamais rien.

 

Texte écrit au retour du désert en Janvier 2000.
Dominique Banizette.

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