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Les 6 sons thérapeuthiques

1er lotus aout 2015-012Liu Zi Jue,   « les 6 expressions subtiles »

 

Ce que l’on traduit souvent en français par « 6 sons thérapeutiques » peut également se traduire par «  les 6 expressions subtiles », dans un mot à mot qui nous rapproche d’avantage des images générées par les idéogrammes.
Cette série particulière de Qi Gong s’appuie sur l’émission de sons en rapport avec les 5 modalités.
La vie est vibrations et nous faisons partie intégrante de cette vie. Nous sommes donc nous même vibrations. Il semble que lorsqu’un son, c’est-à-dire une vibration, est émis et qu’il est accordé à la vibration originelle d’une de nos fonction organique, cela permet à l’organe de se recaler sur sa vibration propre. Ce son peut être émis de l’intérieur ou de l’extérieur.
Dans la série des 6 expressions subtiles nous émettons nous même les sons, un pour chaque organe. L’effet thérapeutique est puissant et souvent immédiat, comme si cette vibration émise réveillait une mémoire à l’intérieur du corps permettant à l’organe de retrouver sa musique personnelle.

le jeu des 5 animaux

qi gong l'école du qi singe“Wu Qing Xi”

Qi Gong de santé, très populaire en Chine, basé sur l’imitation d’animaux : le tigre, l’ours, le cerf, le singe et la grue.

Le jeu des 5 animaux est une technique de longévité qui imite les mouvements de cinq animaux sauvages.
Il préconise l’utilisation de la pensée pour augmenter l’effet des exercices et améliorer la circulation du Qi. Il régule le corps, la respiration et l’esprit.

C’est un des Qi Gong les plus anciens. Il fut composé par un médecin Hua Tuo, il y a environ 1800 ans, sous la dynastie des Hans postérieurs ( 25 ap JC – 220 ap JC).

Hua Tuo (142-219) fut un médecin de renom, dont la célébrité s’est prolongée jusqu’à aujourd’hui. Chirurgien, gynécologue, pédiatre, il utilisait tout autant l’acupuncture que la pharmacopée ou les moxas.  Il passe pour être le créateur du premier anesthésique. Hélas ! Il n’a laissé aucun écrit.

Nous disposons cependant de quelques descriptions de la pratique « du jeu des 5 animaux» de Hua Tuo. Ces textes, dont les plus anciens sont presque contemporains de Hua Tuo, décrivent
“le jeu des 5 animaux” comme une pratique de santé et nous donne une biographie de Hua Tuo, mais sans illustrations.
Jusqu’à récemment les plus anciens dessins du jeu des 5 animaux dont nous disposions dataient de la Dynastie des Ming (1368 – 1644). Ils sont reproduits dans un livre : « la moelle du phénix rouge » et représentent d’anciens immortels pratiquant cette série pour mieux vivre.
Mais en 1973, des dessins représentant la pratique du jeu des 5 animaux ont été trouvés dans la tombe de Ma Wang Dui, à Chang Sha, dans la province du Hunan. Cette tombe date de 190 à 168 avant JC. Ces dessins sont donc antérieurs à Hua Tuo.

Hua Tuo a en effet composé cette série, comme sont composées toutes les séries de Qi gong, en s’inspirant de documents et de pratiques déjà existantes :

  • L’art du Tu Na, la respiration
  • Le Dao Yin, art du mouvement
  • Les pratiques taoïstes déjà anciennes. Zhuang Zi, maître taoïste bien antérieur à Hua Tuo (IVème avant JC) parle déjà de la pratique des animaux en lien avec la respiration pour conserver ou améliorer sa santé.
  • Hua Tuo a également observé les animaux sauvages avec beaucoup de précision. Il était arrivé à la conclusion que les animaux pratiquent parfois certains exercices pour renforcer leur constitution ou réguler certains désordres internes.
  • Sans doute s’est-il également inspiré de la méthode de combat des 5 animaux (Wu Qin Quan) ou de danses rituelles chamaniques.
  • Enfin, il y a associé sa connaissance précise de la médecine traditionnelle chinoise, en particulier la théorie des fonctions des organes internes, des méridiens et de la circulation du Qi, des liquides et du sang.

banniere mawangdui-1

Depuis sa création, le jeu des 5 animaux a donné naissance à de nombreux styles allant de formes externes très dynamiques, gymniques, voire martiales, à des formes internes qui s’appuient principalement sur le Souffle, l’Energie. Les formes qui insistent sur la santé appartiennent à la lignée des Qi Gong Yang Sheng : nourrir la vie.
Elles permettent à la fois la régulation de la forme corporelle, de la respiration, de la pensée émotionnelle, mais aussi du Souffle-énergie, le Qi
et du Yi, l’Intention.

Selon Hua Tuo, la pratique du jeu des 5 animaux est une pratique très complète.

  • Elle améliore la santé du corps et de l’esprit,
  • prévient et traite les maladies,
  • améliore également les maladies chroniques et traite le fond de la personne,
  • augmente la longévité, la confiance en soi et la vitalité de l’esprit,
  • renforce la constitution et la force physique,
  • renforce les articulations, les muscles, les tendons et les os,
  • assouplit les ligaments et les muscles,
  • amène la vigueur dans les membres,
  • améliore les fonctions des organes, la digestion, les inflammations de l’estomac et du foie,
  • améliore le système respiratoire.
  • Elle agit également et principalement sur l’hypertension et la fonction cardio-vasculaire,
  • augmente la quantité de Qi, de sang et de liquides en circulation,
  • améliore la circulation du Qi, des liquides et du sang, en particulier aux extrémités,
  • renforce et mobilise l’énergie le long des canaux principaux et collatéraux,
    dissout les stagnations,
  • traite la faiblesse nerveuse, améliore l’attitude mentale et augmente les perceptions.

le Yang Sheng Ba Shi par Evelyne Castellino, chorégraphe

Ci-dessous un texte de commentaire d’Evelyne Castellino sur la pratique du Yang Sheng Ba Shi  en réponse à une question de Dominique Banizette sur les intérêts de ce Qi Gong pour un public de danseurs et de sportifs. Evelyne Castellino est evelyne castellino compagnie acryliquechorégraphe et metteur en scène à Genève et fait pratiquer régulièrement cette série à ses comédiens et danseurs.

 

« Alors comment expliquer cela.
Le public de comédiens (c’est celui avec qui je travaille le plus) a besoin d’un entraînement régulier, mais c’est un public qui a tendance à se dire, sautons l’échauffement ou l’entraînement car il vaut mieux avoir plus de temps pour la répétition.
Lorsqu’on donne l’habitude (disons peut-être lorsqu’on impose un  entraînement) la plupart des comédiens s’en trouvent mieux. Mieux dans leur corps et aussi mieux dans la concentration.
Ils aiment le Yang Sheng Ba Shi, car c’est une série assez physique, donc ils ont l’impression de s’assouplir, d’entretenir leur corps, mais après quelques semaines, le besoin de commencer l’entraînement par le Qi Gong se fait sentir. Parfois on commence et certains parlent et racontent un truc. Je laisse faire, car je sais que petit à petit le silence va arriver, le calme et la concentration.
Cette série travaille autant sur le haut du corps que sur le bas. Elle donne de la force dans les jambes. Et puis il y a les derniers mouvements (Gemou et le nuage) Et ces deux derniers mouvements les centrent et les apaisent.
Le comédien est un être souvent angoissé et la paix qu’ils ressentent à la fin de la série est je pense une des raisons pour laquelle le Yang Sheng Ba Shi leur plaît. Plusieurs me disent qu’ils continuent à pratiquer, une fois qu’on s’est quitté, et que ça les remplit d’énergie.
Je joins au Qi Gong un entraînement Pilates qui leur renforce la musculature interne et étire la musculature externe.
Donc souvent ils maigrissent, le comédien est un être qui a besoin de plaire et de se plaire, donc….
Et puis le Yang Sheng Ba Shi a 8 mouvements, donc c’est aussi plus simple à apprendre pendant le laps de temps des répétitions (6 semaines, cela permet l’apprentissage et l’approfondissement.

Donc ceci pour les comédiens qui n’ont pas un entraînement régulier physique.

Pour les danseurs et les sportifs, c’est une autre histoire, car eux s’entraînent régulièrement, donc je pense qu’ils aiment le Yang Sheng Ba Shi car ce sont des mouvements dont ils n’ont pas l’habitude. Dans un premier temps, ils sont curieux de voir ce que cela va leur faire.
Puis, ils sont étonnés que des mouvements doux et assez simples agissent, cela efface des tensions que les danseurs et les sportifs ont presque tous sans exception.
Dans un troisième temps, comme pour les comédiens, la série les apaise, et leur faire prendre de la distance avec la performance qu’ils doivent accomplir. Cela peut même les aider à aborder « autrement » leur art ou leur sport, à mettre leur attention ailleurs, là où c’était des parties du corps oubliées.
Et cela reste physique, cela demande aussi un effort et le danseur comme le sportif est un dingue de l’effort. »

Evelyne Castellino le 2 mars 2014

Vous pouvez aussi lire l’article de Dominique Banizette sur « la genèse du Yang Sheng Ba Shi »

le Xi Sui Jing

qi gong le xui sui jingLe Xi Sui Jing et le nourrissement des moelles :

Le Xi Sui Jing a été créé par Boddidarma, moine indien venu en Chine au 5ème siècle après JC. Il s’est installé au monastère de Shaolin dans les monts Song Shan. Cette pratique utilise la visualisation sur la lumière. Elle permet d’éliminer les maladies en renforçant le système immunitaire. Elle améliore le fonctionnement hormonal, renforce la circulation de l’énergie dans les méridiens principaux et extraordinaires. Elle tonifie l’énergie des reins et renforce Jing, fortifie les os, purifie et nettoie les moelles. Elle permet également d’éliminer les 7 émotions conflictuelles, de nourrir l’esprit et d’affiner la qualité spirituelle par le Yang du Ciel grâce à la conscience : Shen

Ce Qi Gong se pratique en présence de Shen Gong, le travail de l’esprit. Visualiser et ressentir, visualiser sans attachement, être dans l’attention ouverte, ressentir sans s’impliquer. On absorbe la lumière et on accumule le Qi, puis on laisse cette lumière remplir les moelles. Le travail sur les moelles fait partie du travail d’alchimie interne des taoïstes. Les os deviennent forts, le corps s’allège, l’énergie vitale devient pure, fraîche et claire, les toxines sont éliminées, la circulation de l’énergie et du sang est améliorée. Shen s’éclaire.

Les étapes de la formation en Qi Gong à l’école du Qi.

formation en qi gongL’apprentissage du Qi Gong demande du temps et de la persévérance, l’école du Qi vous propose un cursus qui se déroule sur deux cycles,
•  un premier cycle pour aborder les bases
•  un deuxième cycle pour aller plus loin dans la pratique et pour ceux qui le désire, pouvoir enseigner.

Le 1er cycle

Ce cycle de deux ans est construit pour permettre l’intégration et la compréhension des bases de la pratique,
• par l’apprentissage de plusieurs séries de Qi Gong
• par un travail sur les 3 premières régulations
• et par une approche de la pensée taoïste et de l’énergétique chinoise ainsi que du pinceau chinois.

Régulation de Xing : la forme corporelle

L’objectif est la prise de conscience et le repositionnement, si c’est nécessaire, de la structure corporelle
• placement des pieds sur le sol et du poids sur les pieds
• placement et mobilisation des genoux, des plis de l’aine, du bassin et de la ceinture scapulaire,
• placement de la tête,
• placement et prise de conscience de l’axe, du dos, …
Ceci à l’aide
• d’exercices préparatoires,
• d’exercices pédagogiques
• de l’apprentissage de séries de Qi Gong des plus simples aux plus complexes
• d’un travail  postural de difficulté croissante

Régulation de Xin : la pensée émotionnelle

L’objectif est d’apaiser les pensées et d’obtenir le calme de l’esprit et des émotions par
• le développement de Yi, l’intention, le propos
• le placement de l’attention
• le renforcement du centre et des racines terrestres
• le déblocage du diaphragme,
• la mobilisation et détente de la poitrine et de la ceinture scapulaire
Ceci à l’aide
• Du placement des points de concentration et des visualisations pendant la pratique en mouvement
• De la pratique de la méditation en silence de plus en plus calmement
• De la pratique des postures de plus en plus agréablement et longuement
• D’exercices de déblocages du diaphragme
• D’un travail spécifique sur la ceinture scapulaire
• De la pratique de l’assise avec visualisation pour renforcer le Yi

Régulation de Xi : la respiration

L’objectif est de redonner au système respiratoire toute ses capacités et toutes ses possibilités afin
• de pouvoir ajuster le geste et la respiration
• d’apaiser l’esprit
• de nourrir l’énergie, le sang et les organes
Ceci à l’aide
• D’exercices de déblocage du diaphragme
• D’un travail spécifique sur la respiration
• De l’apprentissage de différents  types de respirations : bouddhiste, taoïste, …
• De la pratique dans la fluidité et la détente
• De la pratique de l’assise en silence de plus en plus calmement et longuement

Pensée et énergétique chinoise

L’intégration des éléments de base de la pensée taoïste et de l’énergétique chinoise sont nécessaires pour comprendre dans quel système de pensée et de mise en concordance avec l’énergétique s’inscrit cette pratique, afin de ne pas la transformer en gymnastique et de lui garder toute son efficacité.
Dans cet objectif les principaux thèmes de la pensée taoïste et de l’énergétique chinoise sont abordés sous forme explicative ou sous forme d’étude de textes.

Pinceau chinois

La pratique du pinceau chinois est abordée durant la formation, non pas pour devenir calligraphe, mais pour élargir notre perception de la pratique dans un lien à un outil : le pinceau étant le prolongement de la main, qui est elle-même le prolongement du centre.
Et pour parallèlement au Qi Gong approcher un autre art chinois.

Massage et travail à 2

Massage à 2 de détente et de bien être et travail à 2 sont pratiqués régulièrement, ils permettent de  développer le ressenti, l’écoute, le contact avec l’autre, les autres, et d’ouvrir ses capacités de ressenti et de perception au-delà de soi-même

 

qi gong 2e cycleLe 2ème cycle

•  Maîtrise de la pratique

Ce cycle comprend 8 séminaires de 4 jours répartis sur 2 ans. Il amène les élèves dont les 3 régulations de base sont en place, à aborder le sens profond de la pratique par la mise en place des régulations suivantes : Yi l’intention, le propos,  Jing l’essence,  Qi l’énergie et  Shen l’esprit.
La pensée taoïste, l’énergétique chinoise et la pratique du pinceau chinois continuent à accompagner la pratique et une large part est faite à la pédagogie du Qi Gong tant en théorie qu’en pratique.

Régulations de Yi, Jing, Qi, Shen.

Cet approfondissement et ces régulations vont se faire par l’identification claire, l’expérimentation et la mise en place des différents fondamentaux de la pratique.

En travaillant à chaque séminaire à la mise en place et à la compréhension d’un de ces fondamentaux : les racines, l’axe, le centre, la fluidité, le Qi, les transformations, … et en respectant la chronologie de la mise en place de ces différents critères, on amène à la régulation de

Jing et Qi à l’aide du placement des racines et du centre
Qi à l’aide
·  du développement de la fluidité,
·  du renforcement du bas du corps
·  de la fermeture des portes de pertes
Yi à l’aide
·  du placement des transformations
·  de la mise en mouvement du Qi

de part ailleurs
·  les assises avec visualisation amènent à la régulation de Yi
·  les postures plus longues et profondes amènent à la régulation de Qi et de Jing
·  le placement de la respiration inversée amènent à la régulation de Qi et de Jing
·  la pratique de la méditation en silence amènent à la régulation de Yi et de Shen

Cette progression va permettre aux élèves de mettre en place les régulations de façon approfondie et d’accéder à une pratique avancée. C’est-à-dire, ne pas être seulement dans la gestuelle et dans le corporel mais habiter sa pratique.
·  Y être présent et y faire vivre le Qi.
·  Élargir et ouvrir sa conscience à l’espace intérieur mais aussi à l’espace extérieur, pour pouvoir être réellement au contact des énergies qui nous entourent et pouvoir s’en nourrir.

Cela s’appelle rentrer dans la pratique de l’interne.
Cette formation vous amène également à pouvoir transmettre le Qi Gong à vos élèves en toute connaissance de cause car vous aurez expérimenté et vécu par vous-même toutes ces régulations et toutes ces expériences.

Vient ensuite la pratique de l’alchimie interne proprement dit, qui permet d’élever Shen et qui donne accès à la dimension spirituelle de la pratique

Pensée taoïste et énergétique chinoise

La théorie accompagne la pratique comme en cycle 1. Les thèmes en sont ciblés pour permettre la compréhension fine de ce qui sous tend le niveau de pratique vers lequel nous amène ce deuxième cycle.
Nous abordons donc entre autre, les Ben Shen, les 8 méridiens curieux, la grande voix des eaux, ainsi que des textes classiques nous parlant des étapes dans la méditation, des différents niveaux d’engendrement de la conscience et de la pensée, etc…

Pinceau chinois

Les moments de pratique du  pinceau chinois sont en harmonie avec le thème de chaque séminaire, afin d’arriver à une sensation fine de chaque critère de base en nous aidant des différentes approches que proposent cet art chinois.

La pédagogie dans l’enseignement du Qi Gong

Une partie de ce thème est abordé par la théorie
·  Comment s’adresse t on à différents publics ?
·  Quelles sont les différentes stratégies d’apprentissage ?
·  Etc…
Une autre partie est consacrée à des mises en situation suivies d’un retour et d’une réflexion commune autour de la pédagogie. Cela amène à la compréhension et la sensation de ce que signifie : enseigner le Qi Gong. Cela permet de clarifier les fondamentaux mais aussi la façon dont on peut les aborder avec les élèves au cours de leur progression. Cela permet également d’apprendre à savoir comment corriger ses élèves et gérer son temps
Cela permet également d’avoir un regard extérieur et un retour sur la façon de nous y prendre, et d’expérimenter différentes façons de faire.

L’auto thérapeutique

Le Qi gong on le sait est un art de santé et il est efficace même lorsque l’on débute.
Cependant, plus le niveau énergétique de la personne s’élève et plus le Yi est régulé plus son efficacité nous étonne.
La partie apprentissage de l’auto thérapeutique qui vient en regard à tout ce travail de régulation, entre autre du Qi et du Yi, et à l’approfondissement de la pratique, va permettre tout en continuant à développer sa capacité d’écoute, d’attention et d’intention, de contacter ce niveau d’efficacité dans l’utilisation du Qi.

Les 3 régulations, descriptif des premières étapes dans l’apprentissage du Qi Gong

qi gong l'école du qi serie 2-1

 

Régulation de Xing : la forme corporelle

L’objectif est la prise de conscience et le repositionnement, si c’est nécessaire, de la structure corporelle

  • placement des pieds sur le sol et du poids sur les pieds
  • placement et mobilisation des genoux, des plis de l’aine, du bassin et de la ceinture scapulaire,
  • placement de la tête,
  • placement et prise de conscience de l’axe, du dos, …

Ceci à l’aide

  • d’exercices préparatoires,
  • d’exercices pédagogiques
  • de l’apprentissage de séries de Qi Gong des plus simples aux plus complexes
  • d’un travail  postural de difficulté croissante

Régulation de Xin : la pensée émotionnelle

L’objectif est d’apaiser les pensées et d’obtenir le calme de l’esprit et des émotions par

  • le développement de Yi, l’intention, le propos
  • le placement de l’attention
  • le renforcement du centre et des racines terrestres
  • le déblocage du diaphragme,
  • la mobilisation et détente de la poitrine et de la ceinture scapulaire

Ceci à l’aide   

  • Du placement des points de concentration et des visualisations pendant la pratique en mouvement
  • De la pratique de la méditation en silence de plus en plus calmement
  • De la pratique des postures de plus en plus agréablement et longuement
  • D’exercices de déblocages du diaphragme
  • D’un travail spécifique sur la ceinture scapulaire
  • De la pratique de l’assise avec visualisation pour renforcer le Yi

Régulation de Xi : la respiration

L’objectif est de redonner au système respiratoire toute ses capacités et toutes ses possibilités afin

  • de pouvoir ajuster le geste et la respiration
  • d’apaiser l’esprit
  • de nourrir l’énergie, le sang et les organes

Ceci à l’aide

  • D’exercices de déblocage du diaphragme
  • D’un travail spécifique sur la respiration
  • De l’apprentissage de différents  types de respirations : bouddhiste, taoïste, …
  • De la pratique dans la fluidité et la détente
  • De la pratique de l’assise en silence de plus en plus calmement et longuement

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Genèse du Yang Sheng Ba Shi par Dominique Banizette

Je sais intimement, pour l’avoir vécu moi-même et le vivre encore, et pour le voir depuis de nombreuses années chez mes élèves, que la pratique des arts internes chinois amène un remodelage profond de la structure corporelle et du fonctionnement global de la personne. Ceci, grâce à : une répartition judicieuse de la tonicité musculaire, une liberté retrouvée de la fluidité articulaire, un apaisement et une clarification de l’esprit, une sérénité émotionnelle bien établie, une libération des entraves à la fonction respiratoire et une augmentation du niveau énergétique de la personne.

decamille_0456-2En 2009/2010 j’ai eu l’occasion, par l’intermédiaire de stages organisés pour ses enseignants par la FEQGAE (fédération de Qi Gong, art énergétique), de travailler avec Benoît Lesage sur le thème « un corps conscient, un corps à construire ». Dans ces stages ont été abordées de nombreuses techniques allant de l’eutonie gestuelle de Gerda Alexander, au Feldenkrais, en passant par une approche des chaînes musculaires de Godelieve Struyf Denys. Durant ces stages, Benoît Lesage nous a fait pratiquer couchés, assis ou debout, de très nombreux exercices issus de ces différentes techniques afin de conscientiser les tensions corporelles et de réharmoniser l’ensemble de la structure corporelle.

Or, plus j’avançais dans la compréhension de ces techniques et en particulier dans la compréhension des chaînes musculaires, plus j’étais étonnée de voir à quel point les exercices mis en place par ces différents thérapeutes pour rééquilibrer la structure corporelle étaient proches, voir conformes, aux mouvements pratiqués dans les différentes séries de Qi Gong que je pratique depuis de nombreuses années. J’étais émerveillée par l’éclairage qu’apportaient des techniques occidentales performantes mais récentes, aux pratiques chinoises, et je réalisais pleinement combien cette pratique pluri millénaire est intelligemment construite pour réharmoniser, rééquilibrer et fluidifier la structure énergétique au travers de la structure corporelle.

Les chaînes musculaires correspondent à des tensions qui s’inscrivent dans la structure corporelle, et engagent un ensemble de muscles. Ces tensions se propagent sur une longue distance englobant la totalité de la personne. Souvent sans conséquences majeures elles peuvent parfois être très handicapantes. Ces mises en tension des chaînes musculaires entravent non seulement le fonctionnement harmonieux du corps mais induisent un comportement émotionnel et social particulier à chacune d’entre elles.

A la lecture de ces chaînes musculaires, une nouvelle grille de compréhension de ma pratique m’est apparue et, comme je le disais précédemment, j’ai eu une conviction intime que la pratique du Qi Gong, dans son approche corporelle et énergétique, était idéalement construite pour amener un  rééquilibrage des chaînes musculaires.

J’ai donc essayé d’en comprendre un peu plus sur ces fameuses « chaînes ». La lecture des livres de Godelieve Struyf Denys, Philippe Campignion et Léopold Busquet a confirmé mon ressenti premier. Ces livres m’ont également fait pressentir qu’un lien pouvait s’établir entre les chaînes musculaires et les merveilleux vaisseaux qui sont les méridiens qui établissent la structure énergétique dès les premiers jours de la conception et qui la maintiennent tout au long de la vie. Et que la mise en place de tensions dans une chaîne musculaire pouvait certainement avoir un impact sur la fonction du merveilleux vaisseau associé.

J’en étais là de mes réflexions, quand un jour d’Octobre 2010, alors que je pratiquais chez moi et pour moi le Tai Ji Qi Gong de Jiao Guo Rui qui est la série de référence de ma lignée   (le Qi Gong Yang Sheng), me sont revenus à l’esprit les exercices d’échauffement proprioceptifs pratiqués le matin avec Benoit Lesage et que je n’avais pas refaits depuis le dernier stage. Parmi les nombreux exercices proposés, il m’est apparu nettement que 8 de ces exercices pouvaient se rassembler en une série de Qi Gong susceptible à elle seule de rééquilibrer l’ensemble des chaînes musculaires et d’harmoniser le fonctionnement de l’ensemble des merveilleux vaisseaux.

Benoît Lesage consulté se révéla enthousiaste à l’idée que je réalise le projet de construire un Qi Gong à partir de ces exercices.

J’entrepris donc un processus de réflexion et de mise en forme de ces mouvements dans le sens de la pratique des Arts Internes, commençant ce que l’on peut appeler «la composition » d’une série de  Qi Gong, comme on compose un morceau de musique ou une peinture, à partir d’une intention, ou d’une intuition et en s’appuyant sur l’ensemble de ses connaissances et de ses ressentis.

Les 8 exercices s’étant imposés d’eux mêmes à mon esprit, je n’avais donc pas à les choisir mais plutôt à les ordonner et à les remodeler, pour certains très peu, pour d’autres beaucoup plus, afin de les rendre conformes à l’esprit et à l’intention de la pratique.

Puisque j’avais la conviction du lien existant entre les chaînes musculaires et les merveilleux vaisseaux, j’ai ensuite essayé de ressentir la circulation de l’énergie mise en place dans cette gestuelle destinée à harmoniser les chaînes musculaires et de voir quels étaient les merveilleux vaisseaux, les méridiens ou les organes concernés. Ce travail a effectivement confirmé mon ressenti du lien existant entre les chaînes musculaires et les merveilleux vaisseaux. Quelques modifications ont encore dues être apportées à ce stade pour harmoniser le geste avec la circulation de l’énergie dans ces méridiens de structure.

Puis j’ai cherché, le plus souvent encore par le ressenti, les points d’attention précis sur lesquels placer son esprit pour faciliter la mise en circulation de l’énergie dans tel ou tel méridien, dans tel ou tel organe ou dans telle partie du corps.

Et j’ai placé le mode et le rythme de la respiration afin d’obtenir l’efficacité la plus complète pour chaque geste.

Le moment était venu de nommer chacun de ces 8 mouvements. Je l’ai fait en utilisant la symbolique de la pensée chinoise, en fonction des effets respectifs de chaque geste, comme cela se fait dans les différentes séries existantes.

Enfin, j’ai réfléchi au nom que je pouvais donner à ce Qi Gong, afin que ce nom  en exprime le plus clairement possible, l’esprit et les effets.

Toujours enthousiaste à la lecture de cette réalisation, Benoît Lesage est venu par deux fois à Joannas, d’une part pour pratiquer cette série, d’autre part afin que nous finissions de l’affiner ensemble.

Quelques modifications ont alors été apportées. Entre autre, le nom que j’avais trouvé ne faisant pas l’unanimité, j’en ai cherché un autre, qui est celui en usage actuellement : le Yang Sheng Ba Shi : les 8 exercices pour nourrir la vie. Nom qui exprime effectivement très bien le contenu de cette pratique.

Un des gestes qui m’était venu à l’esprit au départ ne nous semblant finalement pas opportun, nous avons préféré le mettre dans les exercices de préparation ou il semble mieux à sa place et Benoît Lesage en a proposé un autre pour compléter la série. Il me semblait en effet opportun vu la symbolique du chiffre 8 dans la pensée chinoise et le lien entre cette pratique et les 8 merveilleux vaisseaux de garder un ensemble de 8 mouvements.

Comme toutes les séries de Qi Gong, cette série, fruit d’une collaboration entre Benoît Lesage et moi-même, va beaucoup plus loin que la seule réharmonisation de la structure corporelle. Elle  englobe le niveau énergétique et elle le fait à un niveau très profond puisqu’elle s’adresse principalement aux méridiens curieux qui sont comme on l’a vu précédemment les méridiens qui établissent et maintiennent la structure fondamentale de chaque personne durant toute sa vie. Elle s’adresse également  au cœur et à l’esprit qu’elle conduit : l’un vers la paix, l’autre vers la clarté.

Je voudrais ici remercier mon maître Minoru Hoshino qui m’a permis de découvrir ces magnifiques pratiques que sont le Qi Gong et le Tai Ji Quan et qui m’accompagne depuis 1986 dans cette voie. Sans son enseignement à la fois riche et profond mais aussi calme et joyeux, le Yang Sheng Ba shi n’aurait certainement pas existé.

Je remercie également Benoît Lesage pour son enseignement sur la conscience corporelle et sur les chaînes musculaires qui m’ont ouvert des horizons nouveaux. Je le remercie également pour avoir cru possible cette réalisation, ainsi que pour sa collaboration dans l’élaboration de ce Qi Gong.

Un grand merci également à tous les enseignants qui m’ont permis d’avancer dans cette voie et à mes élèves toujours enthousiastes, qui m’accompagnent depuis si longtemps dans mon cheminement et qui apprécient pleinement le Yang Sheng Ba Shi.

Enfin, merci à Zef, mon compagnon depuis bientôt 40 ans. Sans qui aucune de nos réalisations n’auraient pu voir le jour.

Je souhaite que cette série du Yang Sheng Ba Shi reste vivante et que comme toutes les séries de Qi Gong, elle continue à évoluer. Je souhaite également qu’elle réalise ses objectifs qui sont non seulement le rétablissement d’une bonne santé corporelle mais également l’ouverture du cœur et de l’esprit.

Et je suis convaincue que si sa composition a été opportune, le Yang Sheng Ba Shi aura une longue vie !

à Joannas, en janvier 2013
Dominique Banizette

Vous pouvez aussi lire les commentaires d’une chorégraphe sur cette série : « le Yang Sheng Ba Shi par Evelyne Castellino »

Vide-plénitude dans la pratique en mouvement


C’est une des bases du Qi Gong que chacun connaît mais ne maîtrise pas forcément. Dans un langage imagé, Dominique Banizette directrice de l’Ecole du Qi nous invite à une révision où chacun se sentira intimement concerné.

article paru dans le bulletin fédéral de la FEQGAE en janvier 2012

 

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Le vide et le plein, on pourrait dire le yin et le yang, je préfère d’ailleurs dire le « yin yang ». Le « et » de notre langue induisant une idée de côte à côte comme une chemise « et » un chapeau, alors que le « yin yang » est plutôt comme nos 2 pieds ou comme nos 2 luminaires (le soleil et la lune), l’un et l’autre toujours présents, cohabitent, coexistent, en permanence même si notre œil ou notre esprit ne perçoivent pas toujours les deux en même temps.

« Vide et plénitude » participent du même fonctionnement et sont ainsi fait qu’ils coexistent eux aussi en permanence. Le vide contient la matière et la matière est composée en grande partie de vide. Les personnes qui dans la Chine ancienne ont élaboré ce principe étaient sûrement de grands observateurs et sûrement aussi de grands pratiquants. Ils ont en effet construits et développé les pratiques corporelles : Qi Gong, Tai Ji Quan, Kun Fu … Entre autre sur l’observation et l’application de ce principe de base qui est un des grands principes de la vie.

En effet, si une chose reste toujours pleine ou si elle reste toujours vide, alors la vie se dérobe. Vous avez sûrement déjà essayé de garder vos poumons pleins ou vides ne serait ce que quelques instants ! On ne peut tenir bien longtemps ! Vous pouvez aussi essayer de garder vos 2 pieds fermement remplis sur le sol. Vous observez alors que vous ne pouvez plus bouger. Il faut aller vers « le vide » pour que la fluidité du mouvement puisse apparaître. Mais si vous videz complètement les 2 pieds, ils ne peuvent plus vous tenir non plus et vous tombez. Il faut aller vers « le plein » pour pouvoir trouver la tonicité du mouvement. Nous savons bien d’ailleurs que la marche consiste à vider un pied pendant que l’autre se remplit.

La vie est mouvement elle s’exprime en permanence par la coexistence  du vide et du plein comme par le passage de l’inspire à l’expire et de l’expire à l’inspire.

Les mouvements de Qi gong reproduisent en permanence ce principe vital. Un pied se vide pendant que l’autre se remplit, un bras se vide pendant que l’autre se remplit, l’axe se remplit pendant que la périphérie se vide, le haut se vide pendant que le bas se remplit.

De même dans une alternance yin yang entre les différentes directions, un mouvement vers le haut suit et précède un mouvement vers le bas, un mouvement vers l’avant suit et précède un mouvement vers l’arrière, et c’est la même chose avec les mouvements à droite et à gauche.

En associant à l’infini les différentes directions, les vides et les plénitudes, on obtient une infinité de mouvements tous basés sur cette coexistence du yin yang, tous s’inscrivant dans le mouvements de la vie et donc tous dans l’harmonie et l’équilibre qui soutiennent la santé.

Dans la pratique nous disposons de 2 outils majeurs pour exprimer cela. Ce sont d’ailleurs ceux que nous utilisons pour vivre et ce sont nos 2 exemples de tout à l’heure. D’une part, les rythmes, et en particulier celui de la respiration, de l’autre, l’appui des pieds sur le sol qui nous place sur un axe vertical et permet la mobilité.

Les mouvements de Qi Gong sont accompagnés, rythmés, par l’alternance du vide et du plein de la respiration, mais ils sont aussi impulsés par l’appui des pieds sur le sol. On dit dans la pratique que : le geste se déploie à partir du centre. C’est exact, mais que l’on soit debout ou assis, il est nécessaire que le centre s’appuie sur la terre pour pouvoir déployer ce geste, par l’intermédiaire des pieds si on est debout ou des ischions si on est assis. Si le centre n’a pas cet appui il ne peut agir.

Nous pouvons expérimenter cela avec un geste simple. Placez par exemple vos pieds parallèles et prenez l’énergie du ciel en laissant vos bras s’élever latéralement paumes vers le ciel. Faites ce geste sans utiliser le bas du corps, en laissant juste les bras s’élever depuis les épaules et les paumes aller contacter le ciel. Sentez, observez ce qui se passe.

Faites maintenant ce même geste en vous laissant préalablement descendre vers la terre jusqu’à ce que vos pieds établissent un contact si intime avec la terre qu’ils auront envie de prendre appui sur le sol pour vous repousser vers le haut. Laissez les faire et laissez cette poussée des pieds sur le sol élever vos bras latéralement et amener vos paumes de mains au contact de l’énergie du ciel.

Ce n’est plus un mouvement d’épaule que vous faites alors, et ce ne sont plus seulement les paumes qui vont contacter le ciel. C’est l’ensemble de votre personne qui, impulsée par la poussée des pieds sur la terre va contacter l’énergie du ciel. Peut être pouvez vous sentir simultanément le calme de l’esprit et la détente du haut du corps induits par la sensation de puissance du bas du corps.

Dans la deuxième partie de ce geste, quand vous accompagnez l’énergie du ciel jusqu’au Dan Tian inférieur, veillez de même à ce que la pression des pieds sur le sol se relâche progressivement, tout en gardant le lien de Bai Hui avec le ciel. Laissez l’ensemble de votre corps glisser le long de votre axe vers la terre en étant attentif à vider les plis de l’aine et les genoux pour que votre poids redescende jusque dans les pieds. C’est alors la descente de l’ensemble de votre corps vers le sol qui va conduire l’énergie du ciel vers le Dan Tian inférieur et non plus uniquement vos mains.

Et si vous accompagnez cela par la respiration et la pensée (Yi) la mise en circulation du Qi du ciel sera encore bien plus présente.

De la même façon, vous pouvez faire l’expérience d’utiliser la poussée d’un seul pied pour vous propulser vers l’avant ou vers l’arrière.

Placez vous en pas d’arc et gardez 100% de votre poids sur votre pied arrière. Laissez s’établir un contact intime entre votre pied arrière et le sol en vous laissant tranquillement descendre comme si vous étiez absorbé par l’énergie de la terre. Veillez encore une fois à bien laisser les plis de l’aine et les genoux se vider. Veillez aussi à garder vide la jambe avant. Puis comme dans l’exercice précédent,  quand votre pied arrière a établi un contact si intime avec l’énergie de la terre que le geste a envie de se transformer et que le yin appelle le yang, laissez votre pied vous pousser non plus vers le haut mais vers l’avant.

 

Allez doucement, prenez le temps de goûter le passage du vide au plein de votre jambe avant et simultanément le passage du plein au vide de votre jambe arrière. Goûtez la détente qui s’installe dans le haut du corps et la puissance stable du bas du corps et du bassin. Faites de même en laissant votre pied avant vous repousser vers l’arrière, paisiblement, tranquillement pour transformer à nouveau cette plénitude de la jambe avant en vide et retrouver simultanément la plénitude de la jambe arrière.

Toute notre pratique est ainsi construite dans une alternance simultanée de manifestations de plein, de vide, de yin, de yang. Le vide étant issu et contenu dans le plein et vice et versa.

Prenez le temps de laisser s’inscrire cela dans votre pratique, de le savourer comme peut être vous savourez le passage de l’aube ou du crépuscule dans leur beauté resplendissante. Le plaisir que l’on éprouve à pratiquer dans cette présence du passage de la transformation n’est pas moindre que celui que l’on éprouve devant la beauté de l’aube ou du couchant. Il demande juste que l’on s’y arrête un instant.

Dominique Banizette

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L’état de Qi Gong

Ce que l’on appelle l’état de Qi Gong se définit par un état de calme et d’ouverture tant intérieur, qu’extérieur, dans lequel, le corps est relâché mais tonique, l’esprit est au repos mais présent, les émotions sont apaisées, la respiration est calme et fluide.

 

Le Qi présent, dense, circule librement et remplit tout le corps. La conscience est en éveil, présente à toute chose, mais dans la sérénité du moment. La notion de temps s’efface pour laisser la place à l’instant.

Le mouvement, interne ou externe, peut alors se déployer librement, car c’est l’énergie interne en circulation qui produit le geste.

L’esprit est disponible pour ce qui est là. Le Yi peut alors conduire le Qi dans une intention précise, que le corps détendu et ouvert laisse circuler aisément.

 

En résumer on peut dire de « l’état de Qi Gong » : un corps et un esprit libres et ouverts à tous les possibles.

 

Pour parvenir à ce niveau de pratique, il n’y a qu’un secret : la pratique. Mais il y a en plus une nécessité, c’est que cette pratique qui est comme nous venons de le voir, loin d’être une simple gymnastique, soit conduite par un professeur compétant, ayant lui-même longuement expérimenté et longuement cheminé dans cet « état de Qi Gong ».

Si tel n’est pas le cas, le risque est de ne jamais contacter cette dimension énergétique de la pratique du Qi Gong et d’en rester à une gymnastique de santé. Ce qui n’est déjà pas si mal et qui peut aussi être un choix.

Plus grave, un autre risque est d’être mal conduit sur ce chemin énergétique et de se retrouver dans des chemins de traverses ou sur une voie de garage qui ne mènerons jamais à cette dimension interne de la pratique.

 
Joannas     Mai 2006
Dominique Banizette

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L’ouverture des articulations.

La pratique du Qi Gong comme celle du Tai Ji Quan et des Arts énergétiques internes demande une attention particulière en ce qui concerne les articulations et les tendons. Beaucoup de tensions s’accumulent au cours de notre vie quotidienne dans les articulations et les tendons, créant ainsi des blocages dans la circulation énergétique du corps.

Lorsqu’on débute dans la pratique, une des plus grosses difficultés est de trouver la détente musculaire et articulaire qui permet la fluidité du geste.

 Pratiquer doit se faire avec la même détente musculaire et articulaire que lorsque l’on nage très paisiblement dans une eau à température agréable.

L’air est un fluide au même titre que l’eau et le pratiquant de Qi Gong nage véritablement dans l’air. L’air est pour lui quelque chose de palpable sur lequel il peut prendre appui, comme on prend appui sur l’eau lorsque l’on nage.

Lorsque vous nagez paisiblement, tout votre corps participe, vous ne bougez pas seulement les bras, ou les jambes, mais sans vous en rendre compte, sans avoir besoin d’y penser, votre corps entier participe au léger mouvement qui vous permet de vous maintenir dans l’eau. Il suffit de bouger simplement un bras par exemple, pour sentir que ce mouvement se répercute dans tout votre corps et le mobilise.

Le mouvement ainsi créé en entraîne un autre, qui lui même en entraîne un autre …
Et vous vous sentez dans un bien être tel que même votre esprit se détend.

La présence de l’eau qui nous porte et nous enveloppe permet à nos muscles et à nos articulations de se détendre, autorisant ainsi le libre passage de l’énergie à l’intérieur de notre corps. Il devient alors possible de retrouver la sensation d’unité de notre corps et donc la fluidité de nos gestes.

Lorsque l’on bouge une partie de notre corps, même d’une manière très petite, tout le reste du corps est concerné, car à l’intérieur de nous, il n’y a pas de séparation, pas de cloisonnement.

Si nous n’avons pas cette sensation d’unité, c’est que nos tensions corporelles, musculaires et articulaires, créent une séparation et empêchent le passage de l’énergie donc du mouvement.

Comme la présence de l’eau qui nous porte, le Qi dans lequel le pratiquant se déplace permet de dissoudre les tensions et de retrouver l’unité qui est en nous. C’est ce qui explique le sentiment de bien être à la fois corporel et mental que nous éprouvons alors.

Le pratiquant de Qi Gong et Arts énergétiques internes accède donc à cette sensation de détente et d’unité dans l’air, car il pratique dans la présence du Qi qui permet la détente musculaire et articulaire. Le mouvement alors n’est pas induit par la force musculaire mais par l’énergie qui circule librement  à l’intérieur du corps.

L’énergie interne prend sa source dans le Dan Tian. A partir de ce « lieu source », elle circule comme un fluide, ouvre les articulations et se diffuse dans toutes les parties du corps en même temps permettant au mouvement de se développer harmonieusement.

Document de  » l’école du Qi »
Joannas Avril 2000
Dominique Banizette